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NOM:
Maéva

CAP CUISINE OBTENU :
En 2019 à Arles

PLAT PREFERE :
La paella

CHEF GASTRONOMIQUE TUTEUR :
Michel Hulin
Chef du restaurant La Cabro d’Or Baumanière

POSTE ACTUEL :
En formation d’éducatrice spécialisée

RENCONTRE AVEC MAEVA

 

Maeva, si tu devais te présenter en quelques mots, que dirais-tu ?

J’ai 23 ans, j’ai toujours vécu et je vis toujours à Mouriès proche d’Arles, je suis maman d’une petite fille, je suis sociable et j’ai toujours le sourire.

D’où vient ta passion pour la cuisine ?

Tous les dimanches, chez ma grand-mère, on faisait des grands repas et j’étais toujours fourrée dans sa cuisine. Dès l’âge de 4-5 ans, elle m’a tout appris en commençant par la tarte aux pommes jusqu’aux plats les plus compliqués, elle m’a fait découvrir plein de saveurs. Mon plat préféré c’est la paella parce-que mon père m’emmenait tous les mercredis sur le marché en manger et depuis j’essaie de retrouver ce goût d’enfance, je n’y suis pas encore arrivée …

Avant de passer par « Des étoiles et des femmes », que faisais-tu ?

J’ai arrêté au niveau du collège et j’ai tenté de passer le CAP coiffure que j’ai raté. J’ai fait une longue pause pendant laquelle j’ai eu des petits boulots et je me suis consacrée à l’éducation de ma fille que j’ai eu à 18 ans. Dès son entrée à l’école, je me suis inscrite à la formation “Des Étoiles et des Femmes”, conseillée par ma mission locale.

 

Tu avais un projet au départ ?

Au départ, je voulais ouvrir un restaurant mais au fur et à mesure de l’année, l’idée a germé d’animer des ateliers culinaires pour des jeunes de 3 à 18 ans au sein de foyers, par tranche d’âge, les sensibiliser au goût, les faire revenir à l’essentiel, à la nature, les sensibiliser aux produits de saison, permettre à leur imagination de s’exprimer, valoriser leur autonomie… je pense aussi aux jeunes handicapés. Pourquoi pas tenter des thérapies familiales par la cuisine ? La cuisine ça permet d’oublier …

Où en est ton projet aujourd’hui ?

Après mon diplôme, j’ai aidé une copine dans son restaurant de tapas et j’ai adoré la liberté que j’avais dans sa cuisine.
Sinon, le CAP m’a donné la motivation de rependre mes études, cette année je passe le baccalauréat littéraire en candidat libre et je vais commencer une formation de monitrice éducatrice. Je cherche des foyers, à commencer par le village d’à côté, pour travailler et proposer mes ateliers.

Quels souvenirs gardes-tu « des étoiles et des femmes » ?

 Pendant notre semaine d’intégration, on était toutes très stressées au début, surtout par les entretiens avec les chefs mais à force de faire des activités ensemble, ça a soudé des liens et on était tristes d’en voir certaines partir. Au final, sur 20 candidates, 10 sont restées. J’ai adoré cette semaine parce que matin et après-midi, on avait quelque-chose de différent programmé, un psychologue qui nous faisait travailler sur la confiance en nous, des jeux de société, des visites au musée, de la sophrologie …

J’étais la plus jeune et aussi la déléguée de classe. On avait toutes un tempérament de feu et comme j’étais la plus calme, elles m’ont élue à l’unanimité, je jouais le rôle de tampon entre elles. Il pouvait y avoir de la méchanceté, de la tension sur des choses banales du style « qui jette la poubelle » et c’est vrai que les cours de sophrologie ont beaucoup aidé. Certaines ont eu des soucis au sein des cuisines pendant leurs stages, l’une d’entre elles se faisait insulter par exemple par un second qui a été renvoyé depuis. On a remarqué que c’était parfois compliqué pour des hommes d’accepter les femmes en cuisine.
Je suis restée en contact uniquement avec une fille qui habite le même village que moi. J’aimerais beaucoup avoir des nouvelles de notre formatrice, Magalie, qui nous a énormément soutenue.

J’ai fait mon stage de 5 mois au restaurant gastronomique le Cabro d’or, un hôtel 5 étoiles à Baumanières. J’étais impressionnée lorsque je suis arrivée par l’équipe de 15 personnes, aussi parce-que j’étais la seule fille mais le chef m’a rassurée très vite, il a été très indulgent et à la fin je n’avais pas du tout envie de les quitter.

Comment ton entourage a-t-il réagi ?

Ils étaient inquiets surtout par rapport à ma fille, comme je m’en suis occupée seule pendant toutes ces années, ils avaient peur de la séparation et des horaires de cuisine. Ma mère gardait ma fille, elle ne se reposait pas, elle s’est beaucoup sacrifiée pour moi. Au début, ma fille ne voulait pas me laisser partir le matin, au bout d’un moment, je l’ai amené au centre de formation et la directrice lui a expliqué que c’était comme l’école, elle a fini par me dire « allez maman va gagner de l’argent ».

Peux-tu compléter cette phrase : apprendre ce métier m’ a …

Apporté beaucoup de bonheur et de confiance en moi ! 

 

 

                                                                                                Interview par Kenza Berrada C