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NOM:
Marlène

CAP CUISINE OBTENU :
En 2019 à Marseille

PLAT PREFERE :
Moussaka

POSTE ACTUEL :
Commis de cuisine à la Table de Cana Marseille

RENCONTRE AVEC Marlène

 

Marlène, que faisais-tu avant d’intégrer la formation du CAP avec des « Étoiles et des femmes » et comment celle-ci s’est passée ?

Je vis à Marseille depuis 25 ans mais je suis originaire de Paris, avec mon accent quand je dis aux parisiens que je suis de chez eux, ils ne me croient pas ! Avant de commencer le CAP cuisine, j’ai cumulé les petits boulots pour pouvoir manger, subvenir à mes besoins élémentaires et j’ai surtout travaillé dans le nettoyage industriel. Comme j’ai arrêté l’école en 5ème, je ne pensais vraiment pas pouvoir faire autre chose de ma vie ou être capable de changer de voie. 

En fait, j’ai toujours aimé cuisiner, j’ai commencé avec ma mère qui m’a appris à me débrouiller toute seule dès l’âge de 10 ans, je n’avais pas vraiment le choix. À un certain moment, je me suis dit que c’était une chance de pouvoir passer un diplôme. J’ai d’abord tenté de passer par l’Afpa (agence nationale pour la formation professionnelle des adultes) pour faire une formation en cuisine mais je n’ai pas réussi les tests puis une personne au sein du PLIE (Plans Locaux pour l’Insertion et l’Emploi) m’a orienté vers Des Étoiles et des femmes. 

Quand j’ai réussi les étapes de la sélection, j’étais étonnée, je n’y croyais pas ! Au début, je ne connaissais personne et je n’étais pas très à l’aise mais au final je me suis bien entendue avec les autres candidates. Je me suis rendu compte que Des Étoiles et des Femmes donnait sa chance à tout le monde, j’ai rencontré des femmes qui parlaient très peu français par exemple.

Le souci, c’est qu’à cause du Covid, on n’a pas croisé beaucoup de monde en dehors du CAP. Pendant le premier confinement, comme je n’avais pas internet, le chef du lycée hôtelier lui-même m’apportait les cours sur papier jusque près de chez moi, c’était sympa ! j’essayais de reproduire les recettes à la maison mais c’est mieux avec le chef derrière qui corrige, donne des conseils … Pour le stage en cuisine que j’ai fait aux Grandes Tables de la Friche avec le chef Laurent Mercier, c’était assez rapide; j’ai le sentiment d’avoir encore beaucoup à apprendre. D’ailleurs a l’avenir j’aimerais compléter mon CAP par un autre diplôme pour continuer à m’améliorer.

Aujourd’hui, tu travailles à la Table de Cana, peux-tu nous parler de cette expérience ?

En avril, au début du confinement, j’étais d’abord bénévole pendant plusieurs mois pour les repas solidaires, on préparait des boîtes pour les sans-abris. Je sais qu’on a livré 30 000 repas en tout ! Ensuite, en juillet j’ai signé un CDI. Au démarrage, j’étais très stressée, tout allait très vite et encore aujourd’hui j’ai peur de mal faire mais j’essaie d’exécuter au mieux ce qu’on me demande. Le rythme est vraiment très speed car on doit préparer en peu de temps les repas pour des collectivités, des écoles… et aussi des mariages. Ça c’est la partie que je préfère, les cocktails pour les particuliers, c’est plus joli, on utilise des produits frais et on s’applique davantage. 

On est entre 10 et 17 personnes en cuisine, on arrive à 6h du matin et on repart à 15h, 16h, parfois plus tard, les horaires ne sont pas toujours fixes. Et avec la fatigue et la pression, j’ai déjà eu envie de tout envoyer bouler mais je tiens le coup.

Comment imagines-tu ton avenir ?

J’ai besoin de travailler, c’est le plus important et à l’avenir j’aimerais intégrer la cuisine d’un restaurant. Au début, je voulais travailler sur les bateaux de croisière qui vont en Corse, en Italie … j’ai pris une fois le bateau il y a longtemps pour aller en Irlande. Voyager et cuisiner, ça me faisait rêver quand je regardais les reportages à la télévision, j’ai un collègue qui m’a aussi raconté le quotidien sur les bateaux et comme mon fils est autonome désormais … j’y pense !

La mer pour moi c’est la liberté. Mais avec ce virus qui nous pend au-dessus de la tête depuis presque un an, je me pose des questions, ça m’inquiète. On verra …


 


Interview par Kenza Berrada C